Publiée par "l'Effort camerounais", N° 607 (1543) du 24 juin 2015 ; repris en ligne sur le site "Benoit et Moi"

1. Vous venez de publier un ouvrage sur le synode sur la famille. Vous le présentez comme une contribution au débat qui a été soulevé lors de cette grande rencontre. Quelles sont les grandes lignes de réflexion que vous y développez ?
L’ouvrage comporte deux parties. Dans la première, je partage ma réflexion sur la question de la miséricorde qui est devenue centrale dans le débat actuel sur la famille, comme on l'a constaté du Synode extraordinaire d'octobre dernier. C'est en effet au nom de la miséricorde qu'existe désormais la tentation chez certains d'infléchir la doctrine pour, pensent-ils, résoudre ce que l'on a appelé les questions pastorales difficiles : divorcés-remariés, concubinage, homosexualité. Mais peut-on, au nom de la miséricorde, faire l'impasse sur la loi morale naturelle qui est une composante intrinsèque de la Vérité, en cédant aux pressions qui veulent aujourd'hui voir l’Église légitimer les unions homosexuelles ? Peut-on, au nom de la miséricorde, altérer l'enseignement de Jésus sur l'indissolubilité du mariage (Mt 19, 3-9), en admettant les divorcés-remariés à la Communion Eucharistique ? Dans cet ouvrage nous affirmons pour notre part que Dieu est miséricordieux, mais jamais sa miséricorde n'a eu pour fin de maintenir l'homme dans l'état de péché. La miséricorde est la disposition permanente de notre Seigneur à accueillir la contrition du pécheur, à recevoir favorablement son intention de vie nouvelle aussitôt que celle-ci se manifeste. C'est pourquoi, le Christ, en offrant sa miséricorde à la femme adultère, l'appelle instamment à la conversion : « Va, désormais ne pèche plus » (Jn 8, 1-11).